François Hollande, de nouveau Président ?

Présidentielle 2027 — Et si l’ancien président préparait son retour pendant que les autres se disputent la prochaine candidature ?

François Hollande lors d’une conférence à l’École polytechnique en septembre 2019
François Hollande à l’École polytechnique, 2019. Photo : Jérémy Barande / École polytechnique — CC BY-SA 2.0 (image redimensionnée).

Depuis janvier 2026, j’ai une conviction qui peut faire sourire : François Hollande pourrait redevenir président de la République en 2027.

Oui, François Hollande. Celui qui avait renoncé à se représenter en 2017, après un quinquennat marqué par une impopularité considérable.

Pourtant, depuis plusieurs mois, quelque chose m’interpelle. Sa façon d’occuper l’espace médiatique, son positionnement politique, les divisions de la gauche et, surtout, une expérience présidentielle que beaucoup semblent avoir oubliée.

Alors, simple intuition ou scénario qui mérite d’être étudié ?

Une discrétion qui n’en est pas vraiment une

François Hollande est discret. Enfin, pas tant que ça.

Podcasts, interviews, télévision, YouTube, séquences humoristiques et même une apparition dans l’univers du divertissement sur Netflix… L’ancien président est présent, sans donner l’impression de faire campagne.

Et je trouve justement cette position intéressante.

Celui qui était autrefois moqué pour son manque d’autorité est désormais régulièrement présenté sous un angle plus léger : humour, autodérision, proximité, second degré.

Hollande n’a pas découvert l’humour en 2026. En revanche, la manière dont on le regarde semble avoir évolué.

Et politiquement, une image peut compter autant que certains discours.

Surtout, il laisse planer le doute. Invité du podcast Pourquoi président(e) ? de François Lenglet le 2 octobre, il a renvoyé la question de sa candidature au mois de décembre.

Pas de déclaration officielle, donc. Mais aucune porte fermée non plus.

Pendant ce temps, la gauche cherche son candidat

C’est probablement l’un des éléments qui nourrissent le plus mon raisonnement.

Pendant que les socialistes et leurs partenaires débattent des primaires, des alliances et des candidatures, Hollande reste à l’écart de cette confrontation directe.

Et si, plutôt que de participer à la bataille, il attendait simplement d’en connaître le résultat ?

Cette hypothèse n’est d’ailleurs plus seulement évoquée par quelques observateurs.

Le 9 août, Le Monde rapportait que l’éventuelle candidature de Hollande était suivie avec attention jusque dans l’entourage de Gabriel Attal et d’Édouard Philippe.

Gabriel Attal aurait même commenté en privé : « François Hollande fait le pari du recours. »

Une formule qui résume assez bien ce que j’imagine depuis janvier.

Mais Hollande ne se contente pas d’attendre.

Le 3 septembre, il a publié Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche, un livre comprenant plus de 80 propositions politiques, dont certaines se distinguent de la ligne défendue par le Parti socialiste.

Un ancien président qui multiplie les interventions, publie un programme et reporte sa décision à décembre : difficile d’y voir uniquement une activité de retraité de la politique.

Et si le centre regardait aussi vers lui ?

C’est là que le scénario devient plus intéressant.

On évoque souvent la possibilité d’un rassemblement à gauche autour de Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj ou d’autres personnalités sociales-démocrates.

Mais pourquoi limiter la réflexion à la gauche traditionnelle ?

En juin, Le Monde rapportait que plusieurs personnalités du bloc central, notamment Yaël Braun-Pivet, Élisabeth Borne et Éric Lombard, n’excluaient pas de soutenir à terme un candidat social-démocrate.

Parmi les noms envisagés figuraient Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve… et François Hollande.

Même François Bayrou, qui entretient des échanges avec l’ancien président, ne ferme pas totalement la porte à cette hypothèse, tout en souhaitant une clarification de sa position vis-à-vis de La France insoumise.

Attention : ce ne sont pas des ralliements annoncés.

Et il serait prématuré d’imaginer Gabriel Attal, Glucksmann, Guedj ou Marine Tondelier réunis derrière Hollande. Leurs ambitions et leurs divergences sont bien réelles.

Mais je me pose une question : et si les fractures actuelles finissaient par favoriser l’émergence d’une candidature cherchant à dépasser les frontières habituelles des partis ?

Une telle recomposition poserait également un problème stratégique à LFI, en offrant un autre point de rassemblement à une partie de l’électorat de gauche.

À condition, bien sûr, de ne pas provoquer une dispersion supplémentaire des voix.

Son véritable argument : avoir déjà été président

Il y a ensuite un aspect que je trouve trop peu évoqué : l’expérience internationale de François Hollande.

En février 2015, au côté d’Angela Merkel, il négociait directement avec Vladimir Poutine et Petro Porochenko les accords de Minsk II, après près de dix-sept heures de discussions.

Un accord qui n’aura malheureusement pas permis de régler durablement le conflit ukrainien, mais qui reste une expérience diplomatique majeure.

En janvier 2017, Hollande s’entretenait également avec Donald Trump, alors tout juste investi président des États-Unis, notamment sur la lutte antiterroriste, la défense et la coopération internationale.

Il ne serait évidemment pas le seul responsable français à avoir échangé avec ces dirigeants. Mais il pourrait rappeler qu’il a déjà exercé la fonction présidentielle dans des rapports de force internationaux particulièrement tendus.

Dans le contexte actuel, entre guerre en Ukraine, incertitudes géopolitiques et tensions entre puissances, cette expérience pourrait constituer un argument politique.

Pas une garantie de compétence supérieure. Encore moins une promesse de résultats.

Simplement un élément qu’aucune communication ne peut remplacer : il a déjà occupé le poste.

Les attentats de 2015 : une autre expérience du pouvoir

Il est impossible d’évoquer son quinquennat sans revenir aux attentats.

Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher, puis les attaques du 13 novembre 2015.

Hollande a dû exercer ses responsabilités au milieu d’une crise nationale majeure, décréter l’état d’urgence, mobiliser les institutions et engager une réponse diplomatique et sécuritaire.

Certaines décisions de cette période, notamment les mesures d’exception et le projet finalement abandonné de déchéance de nationalité, restent controversées.

Mais cette expérience de crise pourrait aussi être remise en avant dans le débat de 2027.

D’ailleurs, dans l’enquête du Monde du 9 août, un cadre du MoDem reconnaît que François Hollande conserve du crédit sur les questions internationales et la gestion des attentats, tout en rappelant les épisodes contestés de son quinquennat.

C’est précisément cette contradiction qui m’intéresse.

L’ancien président impopulaire pourrait-il être perçu différemment à la lumière des crises traversées depuis son départ ?

Le second tour, une autre histoire

Imaginons maintenant François Hollande qualifié au second tour face au Rassemblement national.

Que se passerait-il ?

Une partie des électeurs de gauche, du centre et de la droite modérée pourrait-elle voter pour lui dans une logique de front républicain ?

Je pense notamment aux électeurs proches d’Édouard Philippe, dont les choix seraient déterminants dans une telle configuration.

Mais il ne faut pas confondre possibilité et certitude. Les électeurs ne sont la propriété d’aucun parti et le front républicain ne fonctionne jamais automatiquement.

Tout dépendrait des candidatures, des programmes, de la participation et du contexte politique.

Reste que cette question mérite d’être posée lorsqu’on imagine les différentes configurations de 2027.

Et derrière 2027, il y a 2032

Un dernier détail me travaille.

L’article 6 de la Constitution interdit d’exercer plus de deux mandats présidentiels consécutifs.

Emmanuel Macron ne peut donc pas se représenter en 2027, mais une nouvelle candidature après une interruption resterait juridiquement possible.

Autrement dit, 2032 n’est pas une échéance constitutionnellement fermée pour lui.

Un quinquennat Hollande pourrait-il théoriquement précéder un retour de Macron ?

Sur le papier, oui. Cela ne signifie absolument pas qu’un arrangement existe entre les deux hommes. Aucun élément ne permet aujourd’hui de l’affirmer.

Mais cette possibilité rappelle que certaines décisions politiques peuvent aussi s’inscrire dans des horizons plus lointains qu’une seule élection.

Alors, François Hollande en 2027 ?

Je n’oublie pas son impopularité passée, son bilan contesté, les tensions au sein de la gauche ni les ambitions de ses concurrents.

Et je sais parfaitement qu’une expérience présidentielle, même importante, ne suffit pas à retrouver la confiance des électeurs.

Mais depuis janvier, je continue de suivre cette hypothèse.

Les apparitions médiatiques, le livre Unir, les réactions dans son ancien entourage et l’intérêt manifesté par certains responsables du centre donnent aujourd’hui davantage de matière à cette réflexion.

Hollande redeviendra-t-il président ? Je n’en sais rien.

En revanche, je reste convaincu qu’on aurait tort de balayer la question d’un simple sourire.

Et si, pendant que tout le monde cherche le prochain président parmi les nouveaux visages, il fallait aussi regarder du côté de ceux qui ont déjà exercé la fonction ?

Louis.S · L’Œil LS — 8 octobre 2026


Sources et références

Actualité politique et candidature

Diplomatie et expérience présidentielle